Le marché du cloud souverain est en pleine expansion. On estime qu’en 2029, le marché SecNumCloud pèsera autour de 889 millions de dollars. Cette croissance est tirée par la pression réglementaire et l’augmentation du nombre d’appels d’offres avec des clauses de souveraineté dans les secteurs public, de la santé et de la défense. Demain, les clients exigeront des éditeurs de logiciels souverains, préparons ce tournant dès aujourd’hui.
Dans cet article, nous vous proposons de comprendre pourquoi certains secteurs exigent un hébergeur souverain pour leurs sous-traitants, d’explorer les coûts cachés des hyperscalers et des clés pour choisir l’infrastructure souveraine qui correspond à votre besoin.
Pourquoi vos clients vous imposeront bientôt un hébergeur souverain ?
Secteur public, santé, défense : les certifications de souveraineté deviennent un critère d’admission
Aujourd’hui, 99 % des commandes cloud de l’État passent déjà par un fournisseur européen afin d’éliminer les risques liés à la législation américaine (Cloud Act et Foreign Intelligence Surveillance Act). Pour accélérer le mouvement, le gouvernement met en place la doctrine « Cloud au centre » qui impose aux services publics de privilégier les services français. La publication du décret SREN le 28 mars 2024 rend SecNumCloud juridiquement opposable pour les données sensibles des organismes publics et des groupements d’intérêt public (GIP). Le décret impose un délai de migration de 18 mois pour les données sensibles.
La loi de programmation militaire (LPM 2024-2030) descend les obligations jusqu’aux sous-traitants de rang 4 dans la chaîne défense. Ce qui implique qu’un grand nombre de sous-traitants sont désormais obligés de souscrire à une offre d’hébergement en nuage souverain pour pouvoir travailler avec le secteur de la défense.
Ce que vous devez retenir, c’est que pour travailler avec les collectivités, les hôpitaux et les industriels de défense, héberger vos données sur un cloud souverain devient une condition d’admission, et non plus un avantage concurrentiel.
Le vrai coût d’Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud : le Total Cost of Ownership que vos factures ne montrent pas
Egress fees : le poste caché qui représente 25-35 % de votre facture
Les egress fees sont des coûts que les hyperscalers enfouissent dans leurs grilles tarifaires. Vous payez pour héberger vos données, jusque-là rien d’anormal, mais vous paierez aussi, et beaucoup plus cher, pour les faire sortir. Chez AWS, cela revient à 0,09 $ par gigaoctet pour les 10 premiers To sortants, soit 4,5 fois le coût de stockage. En pratique, pour 100 To hébergés, le stockage vous coûte environ 2 300 $ par mois, auxquels s’ajoutent 900 $ de frais de sortie, pour un total réel de 3 200 $ par mois.
Ce que les hyperscalers ne précisent pas spontanément : la suppression annoncée de ces frais ne s’applique qu’aux migrations définitives vers un autre fournisseur, pas aux transferts courants de vos données en production. Le Data Act impose zéro frais d’egress pour les migrations définitives à partir du 12 janvier 2027, c’est pour cela que les frais ne s’appliquent pas pour les migrations définitives.
Vendor lock-in : chiffrer le coût réel de dépendance aux hyperscalers
Le vendor lock-in avec un hyperscaler américain est rarement une contrainte technique, mais plutôt une contrainte financière. Kubernetes est portable, vos containers aussi. Ce qui vous retient, c’est la structure tarifaire.
Bercy l’a chiffré : changer de fournisseur cloud coûte en moyenne 125 % de votre coût d’abonnement annuel. Concrètement, si vous dépensez 5 000 € par mois chez AWS, budgétez 75 000 € pour en partir. Pour 50 To de données à migrer, les seuls frais de sortie s’élèvent à 4 300 $ et ce, avant même de compter les heures d’ingénierie, les tests et la reconfiguration des environnements.
Ce coût est le résultat d’une construction tarifaire délibérée : entrée gratuite, stockage bon marché, sortie pénalisée. C’est précisément ce modèle que le Data Act européen a commencé à démonter, mais uniquement pour les migrations définitives, et seulement à partir du 12 janvier 2027.
Choisir son infrastructure souveraine : critères de sélection pour un éditeur SaaS B2B en France 2026
Choisir un hébergeur souverain ne se résume pas à cocher une case RGPD. Pour un éditeur SaaS qui engage son infrastructure de production, et donc la disponibilité de son service vis-à-vis de ses propres clients, le choix des infrastructures revêt une importance capitale. Il s’agit à la fois d’un critère architectural, mais aussi commercial.
Avant de signer un contrat avec un hébergeur souverain, voici les cinq points à vérifier :
- Les certifications qui garantissent à la fois la sécurité technique et l’immunité aux lois américaines. Kloud’ici s’engage en ce sens avec les certifications ISO 27001, NIS2 et HDS.
- Le SLA (accord de niveau de service) qui engage la disponibilité des services du prestataire.
- La portabilité : l’hébergeur doit disposer d’API standards comme OpenStack, S3, Kubernetes, pour plus de facilité de migration et éviter un nouveau lock-in.
- La localisation complète des données : production, sauvegardes, environnements de test. C’est l’une des exigences pour la souveraineté numérique.
- La clause de réversibilité, c’est-à-dire le fait de pouvoir partir sans pénalités. Le Data Act l’impose pour les migrations définitives à partir de janvier 2027, mais certains contrats incluent encore des engagements de durée.
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FAQ – Infrastructure de cloud souverain en France
Un éditeur SaaS peut-il obtenir lui-même la qualification SecNumCloud, ou est-ce réservé aux hébergeurs ?
SecNumCloud qualifie les hébergeurs, pas les applications. En tant qu’éditeur, vous ne pouvez pas obtenir cette qualification pour votre logiciel.
Quel est le délai réaliste pour migrer une application SaaS de 10-50 K lignes de code depuis AWS vers un cloud souverain ?
Cela dépend de votre niveau de dépendance aux services AWS. SI vos applications sont déjà containerisées et s’appuient sur des standards ouverts, dans ce cas, vous gagnerez du temps. IL vous faudra simplement migrer chaque environnement. La durée moyenne de ce type d’opération est généralement comprise entre 2 et 4 mois. En réalité, tout dépend du nombre de container à migrer et de leur taille. En revanche, si vous utilisez des services propriétaires AWS comme RDS, Lambda, SQS ou DynamoDB, il faudra prévoir une phase d’identification de services équivalents afin de pouvoir effectuer la migration. Cela peut prendre un certain temps et peut ajouter jusqu’à 3 mois de travail supplémentaire.
ISO 27001 ou SecNumCloud : quelle certification exiger de mon hébergeur pour adresser le secteur public sans me faire évincer d’un appel d’offres ?
ISO 27001 et SecNumCloud ne répondent pas aux mêmes questions et ne sont pas interchangeables. ISO 27001 certifie que votre hébergeur gère correctement sa sécurité en interne : processus, organisation, gestion des risques. Tandis que SecNumCloud certifie à la fois la sécurité technique et l’immunité juridique aux lois non européennes.





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